The Tings Tings – Sounds from Nowheresville

6.5/10

 

Les joyeux mancuniens que sont les Tings Tings ont troqué leur pop gentilette à fleurs pour des gros beats, une petite dose de politiquement trash, une bonne grosse basse, des riff bien noisy et un deuxième album étrangement nommé « Sounds from Nowheresville ».

Apple, Fanta,  on se souvenait surtout du rouleau compresseur commercial qu’était « We Started Nothing », première aventure du duo, avec  2 millions d’albums vendus et 4 millions de singles écoulés. Mais ça, tout le monde pensait que ça allait durer seulement un petit temps, et que les Tings Tings allaient retomber dans l’anonymat le plus profond. Et non. Quatre ans après,  les revoici en chair et en os (surtout en os, finalement).

Pour ce deuxième album, Katie White et Jules de Martino, les deux blondinets qui composent le groupe, ont eu un ras le bol profond et direct de cette étiquette hipsterindieélectropopesquemachinchose que le public lui avait collé. « Sounds from Nowheresville » se révèle  donc être le parfait contre-argument de « We Started Nothing » avec quasiment aucun titre potentiellement radio-friendly. L’explication à cette démarche dans ce que Jules de Martino répond au magazine Plugged : « Il aurait été facile de réitérer les mêmes schémas, mais ça n’aurait pas été honnête. Faire des hits n’est pas notre job, nous ne sommes pas une machine à tubes, ni un putain d’Abba

« Les gens nous voient comme un groupe préfabriqué, mais nous avons fait notre premier album  nous-mêmes, dans notre petit studio, sans aucune ambition autre que se faire plaisir […]. On en a chié pour arriver là. »

En effet, ce deuxième opus est un incroyable fourre-tout. L’envie de diversifier leur répertoire est véritablement palpable, ce qui les amène à explorer une infinité d’autres voies : le punk, le ska, le funk, l’électro mais la thématique reste un son profondément hip-hop, branché, très urbain. Un bon bordel, en somme. L’évolution du groupe, tant musicalement que physique ou mentale n’est plus à remettre en question. Le groupe délivre en première partie d’album une fougue et une chaleur folles. La musique est toujours ultra- immédiate, rapidement consommable façon Mac Drive, mais tout semble plus réfléchi, plus mature, moins hyperactif. Mais en voulant à tout prix être pas comme les autres  et en empruntant 10 000 chemins différents, le duo a tendance à s’embourber dans des chansons à 2 francs, dépourvues de bon sens et chiantes au possible (« Day To Day »). En effet, l’album ne tient absolument pas la distance. Toute l’énergie et la fougue de la première partie de l’album s’efface lors de la seconde (4 dernières pistes) et nous livre une piteuse fin d’album, molle, morne et véritablement ennuyeuse.

Les Tings Tings ont évolué, mais pas dans la direction où on les attendait forcément. En faisant de ce SFN un bordel monstre, le groupe créé une sorte de grosse compil où se côtoient pistes parfaites et énormes et chansons nulles à mourir. Néanmoins, on ne perd pas espoir, non non, car le duo possède un vrai potentiel qui ne demande qu’a être totalement exploité. En espérant que le troisième sera le bon.

You’ve to listen to : → Silence
→ Hang It Up
→ Give It Back
→ Guggenheim
→ Soul Killing
 
The Tings Tings – Sounds From Nowheresville
Aux Editions Columbia – Sorti le 27/02/12
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